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FELIZ NAVIDAD ! JOYEUX NOËL !

Mis à jour : janv. 20

En direct de Valladolid, Yucatán, où nous nous sommes arrêtées quelques jours pour prendre le temps de publier articles, photos, et reportage(s).

Déjà quasiment un mois que nous sommes là, nous avons beaucoup de choses à vous partager, mais nous n’avons pas eu le temps de nous pencher réellement sur la post-production. N’ayez crainte, nous allons nous rattraper !

8.326 km nous sépare de Paris, nous ne réalisons pas vraiment que nous sommes le jour de noël !


Pour fêter cette date, nous allons vous partager ici, nos derniers jours, que nous avons passé à Tihosuco.


Tihosuco est un petit village situé à 67 km au sud de Valladolid, dans l’état du Quintana Roo. Ce village a la particularité d’être une communauté Maya. Nous y avons été accueillies par David à « U Belilek », la coopérative de la communauté.

Nous avons eu la chance d’être invitées pour « El Niño Dios », une fête qui n’a pas vraiment de date précise et qui se déroule avant et après le 25 décembre pour célébrer l’enfant Jésus.

Ce qui a été très intéressant, c’était de découvrir le mélange des croyances au cours de cette fête, d’origine catholique mêlant des traditions mayas.





Pour mieux comprendre, un peu d’histoire...


Pour commencer, faisons bien la différence entre Mayas, Incas et Aztèques.

Avant l’arrivée de Christophe Colomb, l’Amérique Centrale et du Sud recensaient des civilisations appelées « précolombiennes ». Elles ont été plus ou moins anéanties au cours du 16ème siècle par les soldats espagnols venus conquérir les terres du continent américain appelé le « Nouveau Monde ».

Au Mexique, nous retrouvons les Mayas et les Aztèques. Quand nous serons en Équateur et au Pérou, nous vous parlerons des Incas.


- Les Mayas étaient organisés en cités-états indépendantes, gouvernées par des familles nobles. Leurs plus grandes cités étaient situées à Tikal et Calakmul, Chichén Itzá et Uxmal.


- Les Aztèques avaient construit leur capitale à Tenochtitlan, devenue aujourd’hui Mexico City.


- Les Incas vivaient le long de la cordillère des Andes. L’empire Inca avait pour capitale Cuzco, située au sud.




Concentrons nous sur la civilisation Maya qui naît vers 1000 ans avant notre ère et atteint son apogée entre 250 et 950, avant d’imploser.


À défaut de savoir utiliser la roue et les métaux pour faire des outils, les Mayas pratiquaient l’écriture, l’astronomie, les mathématiques et les arts. Grâce à leurs connaissances en mathématiques et en astrologie, ils avaient développés un système de calendrier très complexe (plus précis que notre calendrier grégorien).

Leur économie dépendait de l’agriculture, en particulier de la culture du maïs et du cacao, dont les fèves servaient de monnaie d’échange.

Leur société était divisée en classes, et les villes étaient dirigées par des souverains héréditaires.

Ils adoraient plusieurs dieux, liés à la nature (le Soleil, la Pluie, la Lune, le Maïs, etc.). Leurs prisonniers de guerre étaient sacrifiés ou réduits en esclavage.

Entre légendes et maladies, les théories divergent. Celle qui est de plus en plus mise en avant, et qui justifierait la disparition de la culture maya ancestrale, serait la sécheresse des sols.


Mais que s’est-il passé ?

On parle d’extinction de la culture maya à tord, bien que la société ancestrale maya n’existe plus telle que nous l’avons cité plus haut, on dénombre aujourd’hui huit millions de Mayas, répartis entre le Guatemala, le Mexique, le Belize, le Honduras et le Salvador.


La culture Maya que nous connaissons aujourd’hui, est une culture dotée d’un fort syncrétisme (mélanges d’influences, combinaison de doctrines, de systèmes initialement incompatibles). La plupart des Mayas sont devenus catholiques après la colonisation espagnole. Ils ont intégré à leur pratique religieuse catholique de nombreux rites et croyances issus de leur religion antérieure.

Quant à la langue maya, elle a changé et mélange des mots empruntés à l’espagnol et à certains dialectes mayas qui ont subsisté. Les mayas ont aussi conservé de nombreuses traditions vestimentaires et culinaires.


Reconstituer la culture Maya, dite « ancestrale », est une difficile affaire car les manuscrits hiéroglyphiques ont quasiment tous été détruits par les prêtres espagnols au XVIème siècle. Seuls quatre codex ont traversé les âges. L’étude de la civilisation maya a pu se faire grâce aux fouilles d’une centaine de sites archéologiques et par l’observation ethnologique des populations mayas actuelles.




Maintenant que vous connaissez le contexte géopolitique, il est donc plus facile de comprendre la fête du " Niño Díos " dans une communauté Maya.

Cette fête dure 3 jours et se répète dans plusieurs endroits de la ville, avant ou après noël (pas de date fixe). Elle est organisée par une famille différente chaque année, qui paiera toutes les dépenses liées à la fête. Ce qui est demandé en retour, c’est la participation pour la préparation (mise en place des tables, chaises, prêts des ustensiles, aides en cuisine, découpe…).


La veille du premier jour, tout le monde se regroupe et la fête résonne sur le son de banderas illustré par des danses en costumes traditionnels mayas.

Le premier jour commence aux aurores : des pétards éclateront tout au long de ces trois jours dans les petites rues de la ville pour marquer les festivités.

Le matin du 1er jour, un ou plusieurs (tout dépend du nombre de participants) cochons sont tués à l’aide d’un sabre (nous n’avons pas vu cette étape, en revanche depuis la tente nous avons eu " la joie " d’être réveillées par leurs cris…).

Une fois morts, ils sont posés sur une table de bois. Un homme verse de l’eau bouillante sur la peau du cochon afin de commencer le « grattage » (action qui consiste à retirer les poils et la terre de l’animal). Il est ensuite vidé et découpé. La peau est soigneusement retirée avant de la faire frire et d’en faire des « chicharrón ». Tout l’animal sera cuisiné, rien n’est gâché ! L’estomac (une fois lavé pendant des heures) et le sang - accompagnés du cœur, du foie, de feuilles de menthes, de ciboulettes et d’oranges amères, feront la « morcilla » - genre de boudin. La tête est, quant à elle, découpée puis mise dans des grands faitouts pour donner du goût à la viande.

La première journée, nous mangeons donc le chicharrón avec une soupe aux frijoles (haricots rouges) avec des petits morceaux de tripes frits.

Un peu plus tard dans l’après-midi, dans la maison voisine, de grands trous sont creusés dans le jardin. Au fond, ils y mettent une première couche de braises puis des morceaux de roches. Par dessus, ils mettent les « pib » - mot maya qui désigne une sorte de grande marmite en fonte. A l’intérieur de ces marmites, se trouvent tous les restes de l’animal qui n’a pas encore été cuisiné (graisse, muscles divers, pieds…) : le tout recouvert d’une poudre noire (piments préalablement brulés puis moulus). Les marmites sont ensuite refermées et des grandes branches de bois viennent fermer les trous recouverts ensuite de feuilles de bananiers et de terre.

Le soir, c’est la morcilla – malheureusement, nous n’avons pas pu la goûter pour cause de fatigue intense.

Le lendemain, réveil à 09h pour aller goûter le « relleno » - fameux plat enterré la veille.

Nous filmons, cette fois, tout le processus afin de l’insérer dans notre futur reportage pays.

C’est très bon mais ULTRA piquant et très gras. Le tout est évidemment accompagné de tortillas, que nous avons appris à faire : préparation de la pâte dans une machine où sont réunis « hominy » - maïs séché trempé préalablement - et eau, afin d’être travaillée et pétrie délicatement. Vient ensuite le moment de faire une parfaite galette bien plate (technique impressionnante !) qui sera cuite au feu sur un « comal » – sorte de plaque en fonte.


C’est avec émerveillement et surprise que nous avons découvert cette fête. Une belle introduction à la découverte de la culture maya.








Retrouvez ici l'interview de David Chan de la coopérative U Belilek, grâce à qui nous avons pu participer à ces festivités.

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