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Akalki, ce paradis de Bacalar imaginé par Arturo Arroyo

Immergé dans la jungle, à quelques kilomètres de Bacalar, se trouve au bord de la lagune et ses stromatolithes, le havre de paix d'Akalki. Il s'agit un hôtel 3 étoiles qui respecte les piliers de l'ecotourisme... On vous explique pourquoi !

Arturo Arroyo - Akalki, Bacalar

Tout a commencé par un rêve d'Arturo Arroyo, originaire de la ville de Mexico, de fonder un lieu écoresponsable. Il y a 10 ans, il a commencé à le développer pour qu'il puisse devenir réalité. Quand nous sommes venues à sa rencontre pour en apprendre davantage, nous avons été impressionnées par les 20 hectares qui le composent. Entre les portes d'entrée et l'accueil, situé à quelques minutes en voiture (de golf électrique), nous passons devant les coulisses de cet "empire". Ateliers de menuiserie, potager et jardin pharmaceutique... Toute une vie s'active : ce sont les employés qui travaillent et fabriquent eux-mêmes les éléments de ce centre : armoires, portes, légumes, plantes, tisanes, crèmes solaires et produits bios en tout genre. Puis, après avoir traversé un bout de jungle, nous arrivons au niveau de l'hôtel et de ses cabanes ayant chacune un accès privé sur la lagune aux 7 nuances de bleu. Nous nous installons sur le ponton où nous pourrons interviewer Arturo. Il nous explique comment tout a commencé - qu'au début il ne détenait qu'un terrain et que petit à petit les choses se sont faites. Ce n'est pas apparu comme on peut découvrir le lieu aujourd'hui en un claquement de doigts. Tout a pris du temps et de l'investissement personnel. Arturo emploie des mexicains de la région pour travailler dans l'hôtel. Comme nous avons pu voir les ateliers en arrivant, Akalki a ses propres menuisiers, chefs, personnel de chambre... C'est une famille qui s'est créée. Tout le monde est formé ici et s'épanouit dans son travail. Chacun s'investit comme dans une famille. Ainsi, Alkalki répond au pilier social. Le nom Akalki signifie en maya " Laguna dulce de energia vital : la douce lagune d'énergie vitale ". Ce lieu, il le qualifie comme un centre holistique : un sanctuaire de relaxation, de soin et de guérison (physique et émotionnelle) en travaillant sur les énergies, la respiration. Pour cela, l'architecture est pensée pour se fondre avec les éléments extérieurs (jardin, cabanes en bois...). Au total, il y a 11 habitations dont le premier prix en basse saison est de 200$US la nuit. Le chef du restaurant cuisine avec les produits du potager ou de proximité. C'est pourquoi toute l'équipe est aux petits soins et souhaite un bon appétit "buen provecho" (pour accorder de l'importance aux choses, leur provenance). La consommation d'énergie est minimisée en diminuant l'empreinte carbone : des panneaux solaires sont installés pour répondre aux besoins du site. Dans les chambres, il n'y a pas de contact électrique - ce qui permet aussi un contact plus fort avec la nature. Les déchets sont triés et recyclés (papier, verre, métaux...), le compost sert d'engrais pour les plantations et les eaux usées sont traitées afin d'être réutilisées pour l'arrosage. Une grande confiance environnementale se fait sentir dans la communauté d'Akalki, entre écosystème de la lagune avec notamment les stromatolithes, les mangroves, mais aussi la jungle et les animaux. Le lieu est un petit coin de paradis, en harmonie avec la nature et très respectueux de notre planète. Ainsi, Akalki répond au pilier environnemental. Et à travers ces deux premiers piliers, en découle le pilier économique. En accordant de l'importance à travailler avec des mexicains, être en relation avec les commerçants du coin... L'argent dépensé est directement réinjecté dans le patrimoine du pays. Avant d'être face à lui, une question nous a traversé l'esprit... Est-ce que pour être écotouristique, il faut forcément s'adresser à une cible privilégiée ? On s'explique... Si cet hôtel n'était pas 3 étoiles et accessible à tous, ne tomberait-il pas dans le tourisme de masse où tout le monde voudrait aller ? Il perdrait alors une partie de son essence, lieu de repos et de tranquillité. L'effet de masse saturerait l'aspect environnemental (plus de respect total de la lagune et de l'environnement sauvage). Le lieu nécessiterait de répondre à plus de besoins des clients (soit plus d'emplois à prévoir et pas forcément aussi contrôlés en engageant des personnes pouvant venir d'autres pays), et donnerait moins d'attention envers les employés qui sont logés, formés, etc... C'est une question dont nous n'avons pas encore la réponse réellement. Bien sûr, cela dépend de chaque projet écotouristique. Mais le point est donné sur l'aspect "rare" et "privilégié". Et vous, qu'en pensez-vous ?

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